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mercredi 10 juin 2026

Ghana : une nouvelle loi anti-LGBT suscite l'inquiétude des défenseurs des droits humains

 

La situation des personnes LGBT au Ghana pourrait connaître un tournant particulièrement préoccupant. En effet, le Parlement ghanéen a adopté, le 29 mai 2026, une loi renforçant considérablement la répression des minorités sexuelles. Ce texte, considéré par de nombreux observateurs comme l'un des plus sévères du continent africain en matière de droits LGBT, suscite de vives inquiétudes.


La promulgation de cette loi pourrait restreindre les activités des associations de défense des LGBT


La nouvelle législation prévoit notamment jusqu'à trois ans d'emprisonnement pour les personnes reconnues coupables d'homosexualité. Mais le texte va plus loin encore en criminalisant certaines formes d'activisme et de soutien aux personnes LGBT. La promotion, le financement, le parrainage ou le soutien d'activités liées aux communautés LGBT pourraient désormais être punis de peines allant de trois à cinq ans de prison.

L'une des dispositions les plus controversées de cette loi oblige également les citoyens à signaler aux autorités toute activité présumée liée à la communauté LGBT. Les défenseurs des droits humains craignent que cette mesure n'encourage les dénonciations abusives, les règlements de comptes personnels et une surveillance accrue de la vie privée des citoyens.

Si cette loi venait à être définitivement promulguée et appliquée, les conséquences pour les personnes LGBT vivant au Ghana pourraient être considérables. Beaucoup redoutent une augmentation des discriminations, des violences, des arrestations arbitraires et de l'isolement social. Les organisations communautaires pourraient également voir leurs activités paralysées par la menace de poursuites judiciaires.

Cette évolution s'inscrit dans un contexte plus large marqué par une montée de l'homophobie dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne au cours des dernières décennies. Dans de nombreux États, les discours hostiles aux minorités sexuelles sont souvent alimentés par des mouvements religieux conservateurs. Au Ghana, comme dans d'autres pays majoritairement chrétiens, certaines églises évangéliques et pentecôtistes jouent un rôle important dans la promotion de campagnes opposées à la reconnaissance des droits des personnes LGBT. Dans d'autres pays du continent, notamment ceux à majorité musulmane, des mouvements religieux conservateurs défendent également des positions similaires.

La communauté internationale est fréquemment prise pour cible dans ces débats. Plusieurs responsables politiques et religieux accusent les pays occidentaux de vouloir imposer des valeurs étrangères aux sociétés africaines, notamment à travers leur soutien financier aux organisations de défense des droits LGBT. Cette rhétorique contribue à renforcer la méfiance envers les associations locales travaillant sur les questions de diversité, de santé ou de droits humains.

L'inquiétude des défenseurs des droits humains est d'autant plus grande que cette vague de législations répressives semble gagner du terrain dans plusieurs régions du continent. Au Sénégal, par exemple, une loi adoptée en mars 2026 a considérablement renforcé les sanctions contre les relations entre personnes de même sexe, avec des peines pouvant aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et d'importantes amendes.

Pour les organisations de défense des droits fondamentaux, ces évolutions risquent non seulement d'aggraver la marginalisation des personnes LGBT, mais également de compliquer l'accès aux services de santé, notamment en matière de prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles. Dans un contexte où l'Afrique subsaharienne demeure l'une des régions les plus touchées par le VIH dans le monde, plusieurs experts craignent que la criminalisation croissante des minorités sexuelles ne constitue également un défi majeur pour la santé publique.

Au-delà du débat juridique, c'est donc la question de la protection des droits fondamentaux, de la sécurité et de la dignité des personnes concernées qui se trouve aujourd'hui au cœur des préoccupations.


JW

 


dimanche 15 mars 2026

Sénégal : un meurtre sur fond d’homophobie ravive les inquiétudes

 

La situation des personnes LGBT au Sénégal continue de susciter une vive inquiétude. Un nouvel incident dramatique, survenu le vendredi 13 mars 2026, illustre le climat de tension et de stigmatisation qui entoure les minorités sexuelles dans le pays.

À Tivaouane-Peulh, dans la région de Dakar, un jeune homme de 17 ans nommé Malick Ndiaye a perdu la vie à la suite d’une altercation avec quatre autres adolescents âgés de 13 à 15 ans. Selon les premiers témoignages rapportés localement, la victime, qui exerçait le métier de batteur de tam-tam, aurait réagi à des insultes proférées par les jeunes qui le traitaient de « gay ». 

En effet, dans certains milieux populaires, une croyance persistante associe ce métier à l’homosexualité, un stéréotype qui contribue à la stigmatisation de certaines personnes. L’échange verbal aurait rapidement dégénéré en rixe. Au cours de l’altercation, l’un des adolescents aurait poignardé Malick Ndiaye. Gravement blessé, celui-ci n’a pas survécu pendant son transport vers un centre de santé. Les quatre mineurs ont été interpellés peu après les faits par les autorités.


Une image des Députés sénégalais  dans l'assemblée le jour du vote de la loi réprimant sévèrement l'homosexualité
 

Ce drame survient dans un contexte particulièrement sensible. Deux jours auparavant, l’Assemblée nationale sénégalaise avait adopté un projet de loi renforçant la répression de l’homosexualité, une initiative portée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Le texte prévoit notamment un durcissement des sanctions prévues contre les relations sexuelles entre personnes de même sexe ainsi que contre les actions de plaidoyer en faveur des droits des personnes LGBT.

Pour de nombreux observateurs et défenseurs des droits humains, cette évolution législative risque d’alimenter davantage les discours hostiles et les violences à l’encontre des personnes perçues comme homosexuelles. Dans ce climat, les amalgames et les stéréotypes sociaux peuvent avoir des conséquences tragiques, comme semble l’illustrer l’affaire de Tivaouane-Peulh.

Cet événement vient ainsi rappeler les inquiétudes déjà exprimées ces derniers mois concernant la montée des discours homophobes au Sénégal et leurs répercussions sur la sécurité et la dignité des personnes associées, à tort ou à raison, aux minorités sexuelles.


                                                                                                                                               JW

dimanche 15 mars 2015

Droit à la santé et militantisme LGBTI en RDC



Le Droit à la santé et le militantisme LGBTI sont deux éléments essentiels qui doivent être associés pour la réussite de l’intégration des minorités sexuelles dans la société. Bien que la plupart des États en Afrique se montrent hostile envers l’homosexualité, ils sont signataires de certains engagements internationaux qui prônent le respect du Droit à la santé. 


La République démocratique du Congo  figure parmi  ces pays qui ont signé la charte africaine des  Droit de l’Homme et des peuples dont les clauses incluent le Droit à la santé. De plus, ce vaste État d’Afrique centrale  applique 6 conventions spécifiques sur les Droits Humains. Parmi elles, il y a le pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels. Les dispositions de ce pacte soutiennent notamment le Droit à la santé.

Les personnes issues des minorités sexuelles sont parmi les catégories sociales vulnérables et marginalisées

Selon L’organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Droit à la santé est un droit fondamental de tout être humain de posséder le meilleur état de santé qu’il est susceptible d’atteindre. Ce Droit suppose de pouvoir accéder en temps opportun à des soins acceptables, abordables et de qualité approprié. Pourtant, comme l'avance l'OMS, Les dépenses de santé mettent chaque année dans le monde, environ 150 millions de personnes en situation financière catastrophique et en font passer 100 millions en dessous du seuil de pauvreté. Pour que le Droit à la santé soit une réalité, les États doivent créer des conditions permettant à  chacun de jouir du meilleur état de santé possible. L'organisation internationale précise que le Droit à la santé n'est pas le droit d'être en bonne santé. Selon elle, les problèmes de santé touchent généralement de façon disproportionnée les catégories sociales vulnérables et marginalisées.  Cette déclaration démontre que les minorités sexuelles font aussi partie des catégories susmentionnées car  elles ne jouissent pas comme il se doit de ce droit. Victimes d’une forte stigmatisation, ils n’ont pas accès facilement au soin dans la plupart des pays du globe. 

Selon l'organisation non gouvernementale congolaise  Progrès Santé Sans Prix (PSSP), le taux de prévalence du VIH reste très élevé au sein de la communauté homosexuelle en RDC. Cette dernière fait partie des personnes LGBTI dont le chiffre global au Congo-Kinshasa  était estimé en 2011 à 427.000 individus soit 0,04% de la population . La loi numéro 08/011 datant du 14 juillet 2008 portant protection des personnes vivant avec VIH/Sida et des personnes affectées inclue dans son chapitre 2, article 2, alinéa 5 les homosexuels comme faisant partie du groupe vulnérable. Depuis, 2014, les personnes issues des minorités sexuelles sont classées comme populations clés dans le cadre de la lutte contre le Sida.  Malheureusement, les associations qui militent pour la défense des LGBTI dans ce pays ne perçoivent pas des fonds appropriés pour faire face aux besoins existant sur terrain.  Pourtant, chaque individu doit avoir accès aux soins adaptés pour assurer son bien-être dans la société. Ce bien-être est à la fois physique et mental. Ainsi donc, même sur le point de l'orientation sexuelle, la Droit à la santé doit être assurée afin de garantir l’épanouissement d’une personne.

Le taux de prévalence du VIH reste très élevé au sein de la communauté homosexuelle. La population LGBTI représente 427.000 individus soit 0,04% de la population de la RDC. Les Hommes ayant des rapports sexuels avec les Hommes sont les plus touchés par la discrimination en ce qui concerne l'accès aux soins.


Avec le chiffre mentionné ci-haut, il n’est plus un secret pour personne que l’homosexualité existe bel et bien en RDC.  Pour preuve, un élan de militantisme semble envahir la communauté LGBTI au point que des groupes associatifs ne cessent de se former pour défendre la cause des minorités sexuelles face à certaines formes de transgressions des Droits Humains dont elles sont victimes. D'après la cartographie actuelle, il existe 8 associations militantes LGBTI à Kinshasa, 2 dans le Nord-Kivu, 2 dans le Sud-Kivu, 1 dans la Province Orientale et 1 dans le Bas-Congo. Elles n'ont certes pas toutes une autorisation légale pour fonctionner mais elles essayent de s'activer pour défendre la cause des gays, des lesbiennes, des bisexuels, des transgenres et des inter-sexes. La récente intégration d'une plate-forme regroupant les Hommes ayant des rapports sexuels avec les Hommes (HSH) au sein de la société civile de la ville province de Kinshasa  est le résultat des efforts  fournis par ces associations.

83 % de l'ensemble de la population LGBTI recensée en RDC vit dans le secret.

Cependant, l'hostilité qu'affiche une grande partie de la population envers les minorités sexuelles et le manque d'une politique adéquate en matière d'accès aux soins  retardent l’évolution des choses. Partant du fait que tout Droit dépend de l’autre, la violation d’une loi touche les autres actes.  Cela constitue un frein à l’atteinte des objectifs visant à assurer le bien-être et l’épanouissement de chacun.  Parmi les contraintes touchant à la promotion du Droit à la santé en RDC en ce qui concernent les homosexuels, on peut citer : 

-La stigmatisation et la discrimination  des LGBTI, en général et des Hommes ayant des rapports sexuels avec des Hommes (HSH), en particulier : Cette situation complique sérieusement  l’accès au soin pour les HSH. Ils sont contraints de vivre leurs relations dans la clandestinité ce qui amplifie les risques de contamination aux MST et au VIH. Selon une étude faite en 2014 par Josephine Head,  les homosexuels ayant des problèmes de santé suite aux pratiques liés à leur orientation sexuelle sont ridiculisés par les personnels soignants. Ils ne sont parfois pas traités ou ils subissent des critiques méchantes. Ce comportement est fortement à la base de la stigmatisation qui pousse les gays et les bisexuels, en particuliers, à éviter les hôpitaux en  cas d'infections sexuelles. Il faut noter que 83% de l'ensemble de la population LGBTI  recensée vit dans le secret. Le taux de prévalence du VIH au sein de ce groupe était  de  plus de 30% l'année dernière.

- Le manque de prise en compte sur la liste des médicaments essentiels des gels lubrifiants à base d’eau et des préservatifs : Il est très difficile de s’approvisionner en gel lubrifiant en RDC car l’État ne prend pas en compte ce produit qui est pourtant considéré comme un médicament par l’OMS. De ce fait,  les dépôts pharmaceutiques ne les commandent pas. Donc, la vente de ce produit en pharmacie est extrêmement rare. Les quelques pharmaciens qui en vendent, le font à un prix qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. Par contre les préservatifs sont plus accessibles car ils sont commercialisés dans la majorité des pharmacies et autres endroits. Ceci peut s'expliquer par le fait que le préservatif est plus considéré comme un contraceptif dans les rapports hétérosexuels.

- La plupart des associations de lutte contre les MST et le VIH/Sida n'ont pas comme spécificité la défense des personnes issues des minorités sexuelles. Elles sont focalisées sur divers domaine englobant la santé. Néanmoins, elles constituent des vraies alliées pour la communauté LGBTI.

Face à cette situation, le législateur doit veiller à ce que les lois en vigueur en matière des Droits à la santé puissent être appliquées afin d'assurer la convivialité sociale. Malgré que la loi congolaise est neutre en ce qui concerne l'homosexualité cela ne doit pas être une raison pour ne pas prendre en considération les problèmes que rencontrent les personnes issues des minorités sexuelles, en général et en particulier les HSH. Un dialogue franc doit être entretenu entre la société civile et les autorités du pays afin de garantir et de faciliter l'accès au soin à cette population vulnérable.





Sources: OMS, PSSP, Femmes Plus, Si Jeunesse Savait.
Documents:

Effecting Culture Change around Attitudes to LGBTQ Communities in the Democratic Republic of Congo:
Scoping Mission to Kinshasa, 1-11th June 2014 by Josephine Head




Justice Walu
 

lundi 23 février 2015

L'homosexualité à travers les traditions africaines




La liberté des relations sexuelles entre les personnes de même sexe continuera à opposer les États encore pendant des années. En effet,  depuis quelques temps, les pays occidentaux essayent de faire pression envers certains États africains afin qu'ils cessent les violations  des Droits des personnes issues des minorités sexuelles.  Mais, les autorités africaines continuent à affirmer que cette forme de relation n’est point conforme aux valeurs ancestrales du continent. Elles sont appuyées dans ce discours par les églises évangéliques implantées à travers l’Afrique noire. Ces églises rajoutent à ce point de vue une vision religieuse qui tant à classer l’homosexualité comme une abomination.

Être homosexuel en Afrique est considéré comme une abomination. En 2014, 38 pays africains sur 54 condamnés les rapports sexuels entre les personnes de même sexe. (source: lemonde.fr)



De plus, certains États du continent noir, comme le Nigeria et l'Ouganda ont fait passer des lois qui condamnent l'homosexualité. Au Cameroun, l'homophobie a atteint  un tel paroxysme avec des arrestations arbitraires. En 2013, un activiste, Eric Ohana Lembembe a été battu à mort à Yaoundé. A ce jour, sa mort semble  être un crime homophobe. La RDC, pays où la loi reste encore neutre en ce qui concerne les rapports entre les personnes de même sexe, des projets de loi anti homosexuelle ont été proposés à trois reprises sans succès, respectivement, à l’Assemblée Provinciale de la ville de Kinshasa et à l’Assemblée Nationale. En Ouganda, la loi votée en 2013 a été annulée le 1er aout 2014 par la Cour constitutionnelle de Kampala. Déclarée comme illégale suite à la manière dont elle fut votée, cette loi avait fait l’objet d’une poursuite judiciaire en mars de l’année dernière par un groupe de militants LGBTI.

Dans la plupart des États africains même ceux dont la loi reste neutre en matière d'homosexualité, il est préférable de vivre sa relation en cachette par peur de stigmatisation.



Face à cette montée fulgurante de la haine envers les minorités sexuelles, il est grand temps de tirer la sonnette d’alarmes et de rappeler à l’opinion que l’homosexualité n’est pas un fait nouveau dans la société africaine. Le discours tendant à dire que c’est un comportement sexuel importé de l’occident et impropre aux coutumes ainsi qu’aux traditions africaines ne constituent qu’une méprise.


D’après plusieurs études et recherches menées par des chercheurs à travers l'Afrique, il a été démontré que l’homosexualité n’est pas un fait étranger. Les africains hommes ou femmes entretiennent des relations avec les personnes de même sexe depuis des siècles. Voici ci-dessous une liste de preuves de l’existence de l’homosexualité dans les différentes tribus du continent sous un angle purement traditionnel. Elle n’est certes pas exhaustive mais prouve à suffisance qu’il n’y a pas de raison de faire voter des lois anti homosexuelles ni à considérer les homosexuels africains comme des démons ou des personnes possédées ou encore des malades mentaux. D’ailleurs, cette liste démontre clairement que l’homosexualité était représentée sous différentes formes : homosexualité masculine, homosexualité féminine ou lesbianisme, travestissement, concubinage, mariage, etc.

  • ·         En Angola, le peuple Gangellas pratiquait l’homosexualité. Un jeune homme non circoncis et célibataire d’environ 18 ans pouvait vivre une relation amoureuse avec un garçon plus jeune qui l’attirait. Ainsi, il  faisait une demande auprès des parents du jeune garçon. Il leur offrait des vêtements ou de l’argent et une vache. Si les parents étaient d’accord, la relation des deux jeunes était reconnue et pouvait continuer même si le plus âgé se mariait avec une femme. Cette « union » pouvait s’arrêtait dans le cas où le plus jeune appelé Katumua grandissait et prenait à son tour une épouse pour fonder sa famille.

  • ·         Au Cameroun, les Béti pratiquaient un rite nommé Mévengu qui consistait à des attouchements entre femmes. Le Mévengu était considéré par ses adeptes comme une célébration du clitoris et de la puissance féminine. Ce rite uniquement réservé aux femmes comportait certaines danses dont les mouvements mimaient  le coït et le rôle masculin était tenu par une femme ménopausée.

  • ·         Au Sud-ouest du Soudan et au Nord de la RDC, le lesbianisme était pratiqué dans les foyers polygames Azandé. Ces relations se faisaient à l’aide des patates ou des maniocs taillés en forme de verge. Les femmes Azandé utilisaient aussi des bananes lors de leurs attouchements entre elles.  Cette pratique a été retrouvée aussi chez les Nkundo, un peuple de la région de Bikoro dans la Province de l’Equateur, où les épouses des maris polygames avaient des rapports sexuels entre elles. Ces femmes Nkundo s’adonnaient au saphisme car elles déclaraient ne pas être satisfaites par leurs époux.  


Toutefois, le lesbianisme n’était pas vu d’un bon œil par les hommes Azandé. Par contre, les relations sexuelles entre les hommes et les jeunes garçons étaient admises. Il était permis à un guerrier de prendre pour « épouse » un jeune dont l’âge variait entre 12 et 20 ans. Les Azandé justifiaient ce rapport par le fait que ces jeunes garçons étaient entrainés avec leurs « maris » guerriers dans les camps de guerre. Ces jeunes garçons jouaient le rôle des épouses et avaient des rapports sexuels avec leurs époux qu’ils appelaient affectueusement Badiare (mon amour). Cependant, la pénétration anales n’était pas autorisée car mal perçue par le peuple Azandé. Le coït se pratiquait entre les cuisses du jeune garçon.

Si les Azandé voyaient d’un mauvais œil les relations entre femmes, cela n’était pas le cas au Kasaï oriental où  la pratique était courante et se nommait kitesha. Il s’agissait  des hommes ou des femmes qui s’adonnaient à l’homosexualité.

  • ·         En Namibie, les femmes Herero pratiquaient aussi l’acte sexuel entre elles. Elles prétextaient le faire suite à la rareté des fréquences sexuelles avec leurs époux polygames.

  • ·         Au Burkina Faso, à la cour royale des Mossi, les jeunes pages appelés Soronés étaient choisis parmi les plus beaux garçons du Royaume. Ils étaient habillés en femme et satisfaisaient les besoins sexuels des chefs. Cette pratique n’était autorisée que le vendredi car c’était le jour où tout rapport hétérosexuel était interdit.

  • ·         Au Ghana, les  hommes Ashanti prenaient comme concubine les prisonniers de guerre qui étaient considérés comme des esclaves.  A la mort de leur maitre, ils étaient tués. Ce genre de relation était toléré chez les Ashanti au point que certains hommes libres, c’est-à-dire, non esclaves, devenaient aussi les concubines d’autres hommes. Cette société matriarcale donnait certaines faveurs à la femme et un homme efféminé ou vivant dans une condition de « femme » était d’office considéré comme une personne de sexe opposé.

  • ·         En Tanzanie, au Zanzibar, les esclaves également étaient des concubines de certains hommes. Ils étaient bien habillés et jouaient le rôle de la femme. 

  • Au Kenya, parmi les Massai, il y  avait certains initiés appelés Sipolio. Ces derniers s’habillaient en femme et se maquillaient. Ils avaient des relations sexuelles avec des hommes. Il en était de même pour les prêtres traditionnels nommés Sanga-Ya-Chimbanda. Ils affichaient ouvertement leur attirance envers les hommes et la société de l’époque tolérait leur choix. Chez les Méru, un peuple d’agriculteurs, il y avait également des hommes que l’on surnommait Mugawe. Ils portaient aussi des accoutrements féminins et leurs relations avec les personnes de même sexe n’étaient pas seulement sexuelles. Cela aboutissait à un mariage et à une vie de couples. Chez les Nandi, par contre, la situation était inversée. On trouvait parmi ce peuple, des femmes appelées Manong’otiot. Elles se comportaient comme des hommes au sein de la société.  Ces femmes étaient considérées au même titre que les hommes car on estimait qu’elles avaient atteint un niveau identique à celui du sexe opposé. Cette situation était similaire dans plusieurs pays, notamment en Éthiopie, au Bénin et en Afrique du Sud.



Article rédigé par Justice Walu


Article exploité à partir du document suivant : http://socio-logos.revues.org/37.