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mardi 24 février 2026

Sénégal: Montée des tensions autour des droits des personnes LGBT


La situation des personnes LGBT au Sénégal suscite une inquiétude croissante. À la suite de l’arrestation récente de douze personnes présumées homosexuelles à Dakar, une vague de réactions hostiles et de discours homophobes s’est propagée dans le pays, alimentant un climat déjà tendu.

Cette dynamique s’est intensifiée le mercredi 18 février, lorsque le gouvernement a adopté en Conseil des ministres un projet de texte visant à alourdir les sanctions prévues pour les personnes reconnues coupables « d’actes contre nature ». Le projet prévoit également d’étendre les poursuites aux organisations et aux personnes engagées dans la défense des droits des homosexuels. Toutefois, ce texte ne pourra entrer en vigueur qu’après son adoption par l’Assemblée nationale.

Des sénégalais manifestant notamment contre l'homosexualité (photo BBC Afrique)
 

Parmi les mesures envisagées figurent le doublement de la peine d’emprisonnement, pouvant atteindre dix ans, ainsi que des amendes allant jusqu’à 10 millions de francs CFA. Les personnes accusées de faire le plaidoyer en faveur des droits des personnes LGBT pourraient également être poursuivies. Néanmoins, le ministre sénégalais de la Culture, Amadou Ba, a précisé que toute dénonciation calomnieuse pour homosexualité serait punie de deux à trois ans de prison et d’une amende comprise entre 200 000 et 500 000 francs CFA. Il a par ailleurs affirmé publiquement que l’homosexualité ne faisait pas partie des mœurs et coutumes sénégalaises, un argument souvent invoqué dans le débat public.

Ce contexte s’inscrit dans une tendance plus large observée dans plusieurs pays africains, où des législations renforçant la criminalisation de l’homosexualité ont été adoptées ces dernières années. Ces mesures ont des conséquences importantes non seulement sur les personnes LGBTQ+, mais aussi sur les associations engagées dans la lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles. Or, ces enjeux de santé publique concernent l’ensemble de la population, indépendamment de l’orientation sexuelle. Il convient de rappeler que l’Afrique subsaharienne demeure la région du monde la plus touchée par le VIH.


Le Premier Ministre sénégalais Ousmane Sonko

Bien que l’homosexualité ne soit pas explicitement définie comme un crime autonome au Sénégal, l’article 319 du Code pénal prévoit déjà une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement pour tout « acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ». Début février 2026, le président Bassirou Diomaye Faye avait évoqué la possibilité de modifier cet article afin de renforcer la répression, une orientation qui aurait également figuré parmi les engagements politiques du Premier ministre Ousmane Sonko.

Enfin, les arrestations survenues à Dakar ont profondément marqué l’opinion publique. Douze personnes, dont deux figures connues, ont été interpellées pour « actes contre nature ». Certaines font également face à des accusations de « transmission volontaire du VIH » et de « mise en danger de la vie d’autrui ». Depuis, le nombre total d’interpellations aurait atteint vingt-deux personnes.

Dans ce contexte, l’amalgame récurrent entre homosexualité et pédophilie contribue à renforcer la stigmatisation et la marginalisation des personnes LGBT. Pourtant, comme dans la plupart des sociétés africaines, les réalités de l’orientation sexuelle existent indépendamment de leur reconnaissance juridique ou sociale. La question demeure désormais celle de l’évolution du débat politique et social, dans un pays où une partie importante de la population semble favorable à un durcissement législatif.


                                                                                                                                                           JW

jeudi 16 août 2018

VIH/Sida: La prévention combinée pour une lutte efficace en Afrique de l'Ouest et du Centre

La prévention combinée a été au centre de l'atelier qui s'est tenue du 26 au  29 juin 2018 à Grand Bassam en Côte d'Ivoire.  Cette rencontre qui avait pour thème la prévention du VIH: plaidoyer pour et par les communautés a réuni les participants de cinq pays du Centre et de l'Ouest du continent africain, à savoir: La RDC, le Cameroun, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Ghana.

Une vue de l'entrée de l'hôtel Afrikland à Grand Bassam (Côte d'Ivoire)


L'atelier sous-régional organisé par Alliance Côte d'Ivoire a bénéficié du soutien de l'Alliance Internationale, de l'Onusida et du Fonds Mondial. Il a eu pour cadre la salle de conférence de l'hôtel Afrikland. Le but de la réunion était de soutenir un plaidoyer solide, sous les auspices de la communauté dans le cadre de la prévention du VIH par les organisations de liaison de l'Ong Alliance et les partenaires de la société civile. Parmi  les objectifs retenus, il y a, notamment, le partage des expériences nationales et la discution du plaidoyer pour une approche de prévention combinée du VIH centrée sur la personne, les droits de l'homme et le genre.

La formation s'est axée sur la prévention combinée car c'est un moyen efficace pour lutter contre la pandémie dont la prévention semble être à la traine dans les pays de l'Afrique Centrale et de l'Ouest par rapport aux Etats africains de la partie  Est et du Sud.  Selon l’Onusida,  1,8 millions  de personnes, en général, ont été placées sous médication antirétroviral et 4,7 millions n’ont pas eu accès aux soins contre le VIH en 2016 en Afrique subsaharienne. Cependant, il existe un grand fossé en matière de traitement entre la région Est et Sud de l’Afrique avec celle de l’Ouest et du centre. En comparaison, 54% de personnes séropositifs suivent un traitement antirétroviral en Afrique de l’Est et du Sud contre 28% à l’Ouest et au Centre. L’écart est également important  en ce qui concerne les personnes connaissant leur statut sérologique. Pour la partie Est et Sud, le pourcentage est de 65% contre 36 % pour l’Ouest et le Centre. Au sujet des séropositifs dont la charge virale a été supprimée, leur nombre est de 45% pour l’Afrique de l’Est et du Sud contre 12% pour l’Ouest et le Centre du continent.

 A ce jour, aucun pays des deux régions n’a  atteint l’objectif visant à réduire le nombre de nouvelles infections au VIH dues à la transmission sexuelle et liée à la drogue. Pire, en Afrique de l’Ouest et du Centre, des infections au VIH continuent encore d’être enregistrées malgré une tendance à la baisse. Face à cela, il est important  de renforcer la prévention dans cette région du continent pour rattraper le retard afin de rejoindre l’Afrique de l’Est et du Sud. Cela permettra à l’ensemble de ces Etats de pouvoir atteindre les objectifs 90 90 90 fixés par l’Onusida pour 2020. Enfin, d’ici 2030, environ 22 millions de nouvelles infections pourraient être évitées si un accent est davantage placé sur la prévention et un traitement efficace du VIH.

Encore non appliqué en RDC, la prévention combinée englobent trois types d'intervention, à savoir: biomédicales, comportementales et structurelles. Elle a pour priorité de repondre aux besoins de la prévention du VIH des personnes et des communautés particulières. L'objectif  est de lutter efficacement contre la pandémie pour avoir un plus grand impact sur la reduction des nouvelles infections. Il faut noter qu'au Congo-Kinshasa, les Professionnelles de Sexe (PS) et les Hommes ayant des rapports Sexuels avec des Hommes (HSH) sont parmi les catégories les plus touchées. Selon les rapports de 2016, les PS ont un taux de prévalence de 3,4% et les HSH de 3,3%. Ces cibles faisant partie des populations clés doivent être plus impliqués dans la prévention.

Pour rappel, les cinq Etats ayant pris par à l'atélier sont membres de la coalition mondiale pour la prévention du VIH/Sida  lancée en 2017 à Genève en Suisse. Sa mission est d'encourager les pays à prioriser et à investir dans la lutte contre la pandémie.

                                                                                                                                                         JW

dimanche 15 janvier 2017

VIH/Sida : Des homosexuels séropositifs ont témoigné sur la pandémie




Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre  le Sida, des homosexuels séropositifs du district de la Tshangu  ont témoigné sur la pandémie.  Ces déclarations émouvantes ont été faites au cours d’une campagne de sensibilisation sur le dépistage volontaire organisée le 15 décembre dernier à Masina par une association identitaire de Kinshasa.



Le but de ces témoignages était de faire comprendre aux  homosexuels, aux bisexuels et aux transsexuels qu’une personne séropositive peut vivre longtemps  à condition de connaitre son état sérologique.et d’être sous traitement anti rétroviraux. Ces témoignages  ainsi que le message de sensibilisation délivré par les organisateurs  ont convaincu 72 personnes parmi les 110 participants à se faire dépister sur place. Cette journée de causerie éducative comprenait également une partie récréative au cours de laquelle les membres de la communauté LGBT du district de la Tshangu ont présenté différents divertissements : danse, défilé de mode et chants. Des préservatifs et des lubrifiants ont également été remis à l’assistance avant la clôture.

Il faut savoir que c’est la seconde fois au cours de l’année 2016 qu’une telle activité a été organisée à Masina avec l’appui de l’ONG ICAP. Le 30 juin de l’année susmentionnée, 120 hommes tous issus de la communauté LGBT du district avaient répondu présent lors de la précédente journée. 84 avaient accepté de se faire dépister volontairement.  Pour les organisateurs, leur soucis est d'amener un grand nombre d'homosexuels, de bisexuels et de transsexuels vers le dépistage car ils sont classés parmi la catégorie à risque dite  population clé.

                                                                                                                                                            JW
 




vendredi 1 juillet 2016

RDC: La communauté LGBTI de Tshangu vulgarisée sur le dépistage volontaire

La communauté LGBTI  de Tshangu à Kinshasa, a été vulgarisée jeudi 30 juin 2016 sur le dépistage volontaire. L'activité organisée à Masina par une association identitaire regroupant les homosexuels du district a connu la participation de l'ONG ICAP spécialisée dans la lutte contre le VIH/Sida.

Une vue de Masina sur le boulevard Lumumba dans le district de Tshangu

La journée de vulgarisation qui a coïncidé avec la célébration des 56 ans  de l'indépendance de la RDC, avait pour but de faire comprendre à la communauté que le VIH n'est pas une fatalité. A cet effet, les organisateurs ont précisé à l'assistance composée majoritairement des HSH (Hommes Ayant des rapports sexuels avec des Hommes) qu'une fois une personne est détectée positive, elle est prise en charge médicalement et placée sous traitement  Anti Rétro Viraux (ARV). D'aucuns savent que cette mobilisation revêt une importance capitale car elle se situe dans le cadre des objectifs  90-90-90 de l'ONUSIDA qui visent, entre autres, à réduire sensiblement le taux de prévalence du VIH et à mettre le plus grand nombre de personnes infectées sous ARV.

Il faut noter que le taux de prévalence reste très élevé au sein des HSH en RDC.  Prenant la parole, le docteur Jordan Lafe, chargé des MSM au sein d'ICAP, a précisé aux participants combien il était important de connaitre son état sérologique en tant que personne ayant des rapports homosexuels. En effet, comme l'a déclaré le médecin, les HSH sont exposés à différentes sortes d'infections dues à leur sexualité. C'est ainsi qu'il a rappelé à l'assistance l'importance du port du préservatif et de l'utilisation du gel lubrifiant lors de l'acte sexuel entre partenaires de même sexe.

Après la séance de vulgarisation, plusieurs participants ont été dépistés volontairement sur place par une équipe d'ICAP. Parmi les HSH ayant répondu à cette rencontre, on a noté la présence des homosexuels, des bisexuels et des transsexuels. Tshangu étant le plus grand des 4 districts que compte la ville Province de Kinshasa, il renferme aussi un nombre important des personnes issues des minorités sexuelles. Les HSH demeurent un groupe à risque classé parmi les populations clés. Depuis quelques temps, ils sont visés par ces genres d'activités afin de les amener à se faire dépister et à opter un comportement sexuel plus responsable. C'est la cinquième fois qu'une telle activité se tient à Tshangu grâce aux membres d'une association  identitaire de ce district.

JW
  

jeudi 4 février 2016

VIH au Congo : Qu’est ce qui va changer à partir de 2016 pour les populations-clés?



Dans le cadre du rapport global sur le progrès de la réponse au VIH en République démocratique du Congo, les praticiens et les activistes congolais de la lutte contre le VIH se sont retrouvés autour du programme multi sectoriel de la lutte contre le SIDA (PNMLS) en janvier 2016.

Si Jeunesse Savait (SJS), partenaire communautaire incontournable de la lutte contre le VIH sur les droits des minorités sexuelles a participé à cette rencontre qui visait à organiser la collaboration des diverses organismes gouvernementaux, des mouvements sociaux ainsi que des praticiens pour l’élaboration de la version 2016 dudit rapport.

Des nouveautés ont été apportées au processus d’élaboration de ce document qui permet de faire un meilleur suivi de ce mécanisme mondial précieux. Cela dans le but de s’assurer qu’à défaut d’atteindre les 3 zéros (Zéro nouvelle infection au VIH, Zéro discrimination et Zéro décès lié au Sida) en 2016, on puisse néanmoins poursuivre l’objectif 90-90-90 (tester 90 % des personnes, mettre sous traitement 90 % des personnes, et réduire la charge virale de 90 % des personnes sous traitement), pour mettre fin au SIDA d’ici 2030.

D’après les chiffres, les personnes faisant partie des populations clés en RDC ont une prévalence au VIH de 15 fois plus élevé que la population générale.




3 choses sont à retenir dans la nouvelle version que le fonds mondial de la lutte contre le VIH a bien voulu divulguer:  


  1. Les prisonniers et transgenres s’ajoutent désormais à la liste des populations-clés.
En effet, durant plusieurs années, les militants de la lutte contre le VIH sur le plan mondial s’étaient accordés que les populations clés  comprennaient les gens les plus exposés aux risques de contracter le VIH, à savoir: les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), des professionnelles de sexe (entendu ici féminin, puisque les professionnels masculins sont déjà compris dans la catégorie des HSH) ainsi que les usagers de drogues injectables. Toutefois, cette liste pouvait nettement varier selon les contextes nationaux. L’inclusion des prisonniers et des transgenres répond donc à une question de plaidoyer et permet de voir l’évolution des mentalités qui accepte maintenant de faire la différence dans ce grand fourre-tout qu’était la catégorie HSH. Une personne transgenre ne serait plus juste un homme très efféminé qui aime parfois s’habiller en fille. Cela sous entend également une personne à l’identité individuelle et qui aurait des problèmes singuliers et différents des gays et des bisexuels. Les prisonniers à leur tour, HSH occasionnel mais surtout courroie de transmission entre le monde carcéral et l’extérieur sera l’objet d’une attention particulière du moins au Congo. Dans un monde parfait, l’idéal serait qu’il puisse, par exemple, se faire dépister en toute confidentialité, recevoir des antirétroviraux, une aide alimentaire particulière, des lubrifiants et des préservatifs entre autre.
  1. Le VIH et son rapport avec d’autres maladies opportunistes seront mieux scrutés. En plus de la tuberculose qui était déjà pris en compte, les hépatites ainsi que les infections sexuellement transmissibles feront l’objet d’une attention particulière dans ce rapport. Des études effectuées en RD Congo montrent que ces deux dernières sont les maladies les plus répandues au sein des populations clés.
  2. La charge virale des personnes vivant avec le VIH devra être systématiquement contrôlé et refréné dans le rapport ainsi que les décès liés au VIH.
C’est une avancée très importante qui aboutira, nous l’espérons, sur une pression forte pour mettre toutes les personnes vivant avec le VIH sous antirétroviraux. De ce fait, ces malades seront déjà suivies médicalement sans attendre le seuil de charge virale qui nécessite un soutien d’urgence.

 Si ce rapport permet de voir les progrès, les défis et les faiblesses d’un système ambitieux, espérons qu’il ressortira mieux les besoins des populations clés pour qu’une réponse plus adéquate puisse être apportée à ces communautés.  D’après les chiffres, les personnes faisant partie des populations clés en RDC ont une prévalence au VIH de 15 fois plus élevé que la population générale.


Article publié sur http : //www.mwasi.com





vendredi 4 juillet 2014

Violations de droits des personnes LGBTI en RDC




Bien que la République démocratique du Congo soit neutre sur le plan législatif en matière d'homosexualité, la communauté LGBTI n'est pas épargnée des tracasseries et autres menaces au sein de la société. 

Ces actes de persécution à l'égard de la minorité homosexuelle ne sont pas seulement l’œuvre de la population souvent sous informée.  Ils sont surtout orchestrés par des agents de l'ordre, les politiciens mal intentionnés et des évangélistes conservateurs.

La Cour Suprême de Justice de Kinshasa. La loi congolaise est neutre en matière d'homosexualité. Cependant, cette neutralité laisse libre court à certaines répressions envers les personnes LGBTI




Les homosexuels les plus visibles, à savoir les efféminés et les transsexuels sont très visés par les arrestations arbitraires.
 


En ce qui concerne les violations des droits des personnes LGBTI au Congo Kinshasa, les cas suivants sont très récurrents:

- Les arrestations arbitraires et détentions illégales : Elles visent particulièrement les homosexuels visiblement identifiables dans les lieux publiques, à savoir: la rue, les bars, les boites de nuit, les soirées mondaines, etc. Perpétrées par des agents de l'ordre, ces violations ont pour but l'intimidation et l'extorsion des victimes. S'en suivent après des détentions illégales qui peuvent aboutir à des violences physiques comme des attouchements et des viols ou d'autres traitements dégradants comme l'obligation de la personne détenue à se mettre nu, la masturbation involontaire, introduction d'objets par voie anale, agression barbare, etc.

- Violation des procédures: Une fois qu'une personne LGBTI est arrêtée ses droits ne lui sont jamais signifiés. Pire, des droits fondamentaux comme la présomption d'innocence et le droit au silence ainsi que la présence d'un avocat  sont carrément omis.   De plus,  la police a tendance depuis quelques années à être de connivence avec la presse à sensation. Dès qu'un homosexuel est accusé d'un fait, les agents de l'ordre appellent des journalistes sans scrupules pour relayer l'affaire.  L'information est diffusée à la télévision sur certaines chaines assoiffées d'audience comme Molière TV. La personne incriminée est alors offerte à la presse qui l'interview sans la moindre déontologie. Les images propagées à travers les médias visent la désinformation et frisent le ridicule car elles mettent à jour l'amateurisme de cette presse qui vise le sensationnalisme.


- Diabolisation par certains évangélistes et politiciens populistes: Il n'est un secret pour personne que les églises évangéliques en général condamnent l'homosexualité. Cette situation a poussé la plupart des pasteurs de ces sanctuaires religieux à avoir un discours très homophobe envers les personnes issues des minorités sexuelles. Ils ne cessent  d'associer l'homosexualité au satanisme ou à l'occultisme. De l'autre côté, certains politiciens renforcent cette haine envers les homosexuels par leurs déclarations soutenant que les relations entre deux hommes ou deux femmes est une importation de l'occident. Ils ajoutent que cette forme de sexualité n'est pas conforme aux traditions africaines. Pour mieux soutenir leurs idées, ils vont même jusqu'à mettre en place des projets de loi visant l'interdiction de l'homosexualité sur le territoire congolais. Ils partent de l'idée que dans la pensée populaire, les homosexuels sont mal perçus au sein de la société. Donc, pour eux, c'est plus simple de faire adhérer la masse à leur idéologie politique.   

L'ex Député national et évangéliste Ejiba Yamapia a été le premier politicien en RDC à proposer une loi anti gay en octobre 2010 à l'Assemblée Nationale. Le projet a été soumis sans suite à la commission culturelle du parlement. En novembre 2013, un autre Député national, Steve Mbikayi du Parti travailliste a lui aussi déposé une proposition de loi devant interdire l'homosexualité sur le sol congolais. Avant eux, une proposition a été également faite en 2009 au niveau de l'Assemblée provinciale de Kinshasa par le bureau d'étude de cette institution afin d'interdire les relations entre personnes de même sexe au sein de la ville Province de Kinshasa. Selon le bureau d'étude de l'APK, l'homosexualité est à la base de la dépravation des mœurs dans la capitale congolaise au même titre que la prostitution féminine. Cette proposition n'a pas été retenue parmi les sujets à l'ordre du jour.





- Discrimination en milieu de soin: Les homosexuels sont doublement discriminés lorsqu'ils veulent accéder au soin en cas de problème de santé liés à leur sexualité (cas des personnes atteintes des MST ou du VIH/SIDA).  Il y a des graves violations en ce qui concerne le droit à la santé car la stigmatisation qu'ils subissent constitue un frein pour l'accès au soin dont ils ont besoin pour survivre. Il faut ajouter à cela, la transgression du droit à la confidentialité. L'état sérologique d'une personne LGBTI est très souvent divulgué par les personnels soignant des hôpitaux dans le but de l'humilier. Ces personnels médicaux violent du coup leur serment. 

Accéder au soin lorsqu'on est homosexuel n'est chose facile en RDC. Les personnes issues des minorités sexuelles sont victimes de stigmatisation lorsqu'elles veulent accéder au soin dans les hôpitaux et les centres de santé. Leur orientation sexuelle est mise en avant et elles sont pointées du doigt. Elles sont doublement stigmatisées d'abord par rapport au VIH/SIDA, ensuite parce qu'elles sont homosexuelles.




A part ces actes énumérés, il ne faut pas oublier les chantages, les insultes, les quolibets, le rejet au niveau de la famille, la pression au mariage, etc.


Justice Walu  

Source : Les droits humains et droits à la santé des  LGBTI en RDC par Maitre Olivier Okakessema