samedi 31 mars 2018

Les lesbiennes de Kinshasa sensiblisées sur leur sexualité


Dans le cadre de la clôture du mois de la femme, les lesbiennes de Kinshasa ont été sensibilisées sur leur sexualité, samedi 24 mars dernier.




La rencontre organisée par une association identitaire de la ville s'est tenue dans une salle de réunion 
du quartier résidentiel de Limete. Cette journée dont le thème était les LBT et la sexualité avait pour but de permettre aux lesbiennes, bisexuelles et transsexuelles de mieux s'épanouir dans leur orientation sexuelle. Durant le débat, l'orateur J. Lumbala, sexologue et psychologue de formation, a tenu à faire comprendre aux participantes que leur sexualité n'avait rien de différent par rapport à la majorité de la société. De ce fait, elles devraient vivre leur orientation sans a priori malgré l'hostilité affichée souvent par la société à leur égard. Toutefois, tenant compte de la présence des bisexuelles et des transsexuelles parmi l'assistance,  le sexologue a aussi abordé tous les aspects de la sexualité en générale.

D'aucuns savent combien l'homosexualité, qu'elle soit masculine ou féminine, est mal perçue par la plupart des congolais. Ainsi, cette journée était l'occasion pour les organisateurs d'interpeller les lesbiennes face à la double stigmatisation qu'elles vivent dans leur quotidien du fait d'abord d'être femme et ensuite, d'avoir une sexualité à part. A cet effet, un appel a été lancé aux participantes afin qu'elles puissent s'impliquer dans la lutte pour leurs droits dans la société  d'autant plus que l'activisme LGBTI commence à s'implanter en RDC.

Pour rappel, c'est la seconde fois que les lesbiennes kinoises se retrouvent pour une séance de sensibilisation. La première  rencontre s'était tenue en 2016 et avait , entre autres, pour thème le leadership au sein des mouvements associatifs.

JW

samedi 22 avril 2017

Alphonse Figino: Policier, homosexuel et bien dans sa peau


Au cours de notre périple en Europe, nous avons interviewé à Paris Alphonse Figino, un policier gay français de 41 ans, originaire de la Guadeloupe. Vivant dans la capitale française depuis 15 ans, il est activiste au sein de l'association Flag qui regroupe les gendarmes et policiers LGBT. Alphonse est un militant qui défend la cause des minorités sexuelles. En couple avec son compagnon, il  vit ouvertement son orientation sur son lieu de travail et au sein de sa famille. Nous l'avons rencontré en mars 2017 au cours de la foire des associations LGBT de la région parisienne. Ce bel homme a accepté de partager son expérience avec nous. 

Alphonse Figino


Malebo Force: Que signifie pour vous le mot homosexualité?

Alphonse Figino:  Je ne me suis pas posé de question. Pour moi, c'est la vie normale. Le seul petit bémol est que nous (les homosexuels) ne correspondons pas à la norme majoritaire.

MF: Quand avez-vous découvert votre homosexualité?

AF: Depuis tout jeune, je me suis senti différent de la majorité.

MF: Comment avez-vous pris conscience de cette différence?

AF: C'est la chanson Ziggy, interprétée par la chanteuse québecoise Céline Dion qui m'a interpellée au début des années 90.

J'entrais dans mon adolescence à l'époque et cette chanson a été l’élément déclencheur car j'ai pris conscience de mon orientation sexuelle. Inconsciemment, la chanson a fait remonter en moi d'autres sentiments me montrant que je n'étais pas comme les autres.

MF: Durant votre jeunesse en Guadeloupe, connaissiez-vous dans votre voisinage des personnes homosexuelles?

AF: Non mis à part, un voisin très âgé. Tout le monde le désignait comme étant un homosexuel.

MF: Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que le terme gay ou homosexuel désigné votre orientation sexuelle? 

AF: Quand  j'ai réellement mis un mot sur mon ressenti, j’étais content et je ne me suis plus posé de question.

MF: Comment avez-vous vécu ce ressenti par rapport à votre entourage et la société guadeloupéenne, sachant que la communauté noire qu'elle soit africaine ou issue de la diaspora considère l'homosexualité comme une affaire des blancs?

AF: La société guadeloupéenne est à la fois religieuse et très permissive envers les hétérosexuels. Concernant l'homosexualité, la plupart des guadeloupéens pensent que c'est un concept imposé par les européens or elle se retrouve dans toutes les sociétés. Aujourd'hui, la jeunesse antillaise qui est plus désœuvrée n'accepte pas les relations entre deux personnes de même sexe.

MF: Pensez-vous que l'homophobie est plus virulente de nos jours que dans le passé?

AF: Avec le développement des réseaux sociaux, l'intolérance se banalise.

MF: Comment vivez-vous votre homosexualité?

AF: Je la vis naturellement. Je suis en couple depuis une année avec mon partenaire. Je ne cherche pas à imposer aux autres ma sexualité mais je ne la cache pas non plus.

MF: Avez-vous des pressions de la part de votre famille?

AF: Non, je n'ai jamais eu de pression familiale. Mes proches ne se sont jamais montrés homophobes à mon égard.

MF: Comment alliez-vous votre métier de policier et votre orientation sexuelle?

AF: Je suis out au boulot. Mes collègues savent que je suis homosexuel et ça ne pose aucun problème.

MF: Comment envisagez-vous votre avenir?

AF: J'aimerais bien avoir des enfants.

MF: Notre blog étant très consulté, quel message pouvez-vous adresser à nos nombreux lecteurs à travers l'Afrique, les Antilles, l'Europe et le monde?

AF: Je ne peux que leur dire de ne pas baisser les bras ni aller à l'extrême à cause de leur sexualité. C'est l'éducation qui détermine la vie d'une personne et non son orientation sexuelle.

MF: Merci Alphonse d'avoir accepté notre entretien.

AF: C'est moi qui vous remercie et c'était avec plaisir.


  • Pour plus d'informations sur l'association Flag: www.flagasso.com

jeudi 19 janvier 2017

Les lesbiennes kinoises encouragées à entrer dans la vie associative



Une dizaine de lesbiennes ont été réunies en novembre dernier  pour trois ateliers visant à renforcer leur capacité sur l’activisme LGBT.  Organisée par une association identitaire de la place, les rencontres se sont  déroulées dans une salle de réunion  dans la commune de Limete. 

Les participantes ont été encouragées à entrer dans la vie associative LGBT à travers ces ateliers qui avaient  pour thème le renforcement de l’implication des LBT (lesbienne, bisexuelle et transsexuelle), leur vécu quotidien et le leadership au sein des groupes. Les sujets n’ont pas été choisis au hasard car la plupart des lesbiennes vivant dans la capitale se retrouvent le plus souvent au sein d’associations regroupant des amies.  Cependant, ces groupes non militants ont plus comme  vocation de les réunir pour des rencontres festives. Pourtant, les lesbiennes tout comme la majorité de personnes issues des minorités sexuelles, sont confrontées à la discrimination au sein de la société congolaise. A travers les thèmes abordés,  les organisateurs ont voulu amener les participantes à avoir un objectif commun pour lutter contre l’exclusion dont elles sont aussi victimes.  




Ces ateliers  étaient également une occasion d’outiller ces jeunes femmes afin d’être capable de reconnaitre au sein de leurs groupes un bon leader pour la concrétisation de leur vision collective. En somme, ces trois activités devront permettre aux lesbiennes de plus s’impliquer dans le militantisme à travers des associations identitaires.  Il faut reconnaitre qu’elles sont très peu présentes dans l’activisme LGBTI par rapport aux gays qui sont plus nombreux et plus actifs.
                                                                                                                                                                            JW

dimanche 15 janvier 2017

Meilleurs voeux pour l'année 2017

Malebo Force vous souhaite ses meilleurs vœux pour la nouvelle année 2017.

VIH/Sida : Des homosexuels séropositifs ont témoigné sur la pandémie




Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre  le Sida, des homosexuels séropositifs du district de la Tshangu  ont témoigné sur la pandémie.  Ces déclarations émouvantes ont été faites au cours d’une campagne de sensibilisation sur le dépistage volontaire organisée le 15 décembre dernier à Masina par une association identitaire de Kinshasa.



Le but de ces témoignages était de faire comprendre aux  homosexuels, aux bisexuels et aux transsexuels qu’une personne séropositive peut vivre longtemps  à condition de connaitre son état sérologique.et d’être sous traitement anti rétroviraux. Ces témoignages  ainsi que le message de sensibilisation délivré par les organisateurs  ont convaincu 72 personnes parmi les 110 participants à se faire dépister sur place. Cette journée de causerie éducative comprenait également une partie récréative au cours de laquelle les membres de la communauté LGBT du district de la Tshangu ont présenté différents divertissements : danse, défilé de mode et chants. Des préservatifs et des lubrifiants ont également été remis à l’assistance avant la clôture.

Il faut savoir que c’est la seconde fois au cours de l’année 2016 qu’une telle activité a été organisée à Masina avec l’appui de l’ONG ICAP. Le 30 juin de l’année susmentionnée, 120 hommes tous issus de la communauté LGBT du district avaient répondu présent lors de la précédente journée. 84 avaient accepté de se faire dépister volontairement.  Pour les organisateurs, leur soucis est d'amener un grand nombre d'homosexuels, de bisexuels et de transsexuels vers le dépistage car ils sont classés parmi la catégorie à risque dite  population clé.

                                                                                                                                                            JW
 




dimanche 3 juillet 2016

RDC: La dure réalité des transsexuels de Kinshasa

Comme c'est le cas dans la plupart des villes en Afrique, les transsexuels n'ont pas la vie facile à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.

Le centre ville de Kinshasa


Déjà, les autres minorités sexuelles telles les homosexuels, les bisexuels et les lesbiennes sont contraintes, dans la majorité des cas, de vivre caché pour éviter d’éveiller des soupçons sur leurs sexualités. La société, en général, étant très critique et hostile à leur égard, elles évitent de s'afficher au grand jour de peur d'être stigmatisées.  Concernant les transsexuels, les choses sont encore beaucoup plus compliquées.

En effet, visiblement détectable de part leur physique androgyne et leurs accoutrements (coiffure et tenue vestimentaire féminine), les transsexuels sont doublement discriminés dans la société. Dans la plupart des cas, ils sont rejetés par leurs familles qui voient en  eux une source de malédiction ou de honte. Dans la vie pratique, ils ont du mal à se faire embaucher pour un emploi décent. Cette situation a conduit pas mal de transsexuels à s'adonner à la prostitution pour survivre.  Selon La Mama, un membre influent de cette communauté, la prostitution est souvent une source de revenus sure pour les personnes transgenres à Kinshasa. Cependant, il reconnait que les transsexuels qui exercent le plus vieux métier du monde sont très vulnérables face aux maladies sexuellement transmissibles et aux agressions physiques. Ces dernières proviennent notamment des clients et sont monnaies courantes comme nous l'a confirmé La Mama. Celui-ci encadre également un groupe de transsexuels dans le district de Tshangu. De ce fait, il reçoit régulièrement des plaintes de ses amis qui ont été violentés par leurs clients.

Selon La Mama, ces clients abordent ces trans tout en sachant qui ils sont réellement. "Après avoir couché avec eux, ils se mettent à les menacer et à leur faire des chantages", a t-il précisé. Pire, a t-il ajouté, il les frappent et les humilient. Il a aussi dénoncé des cas d'agressions qui se sont terminés par un viol. Il faut savoir qu'il est difficile, en général, pour une personne LGBTI de réclamer ses droits en RDC. Dans une telle vie où la prostitution est une des voies pour trouver le salut, les transsexuels sont très exposés au VIH/Sida. D'ailleurs, ils sont classés parmi les HSH (Hommes ayant des rapports sexuels avec les Hommes) comme les homosexuels et les bisexuels. Ce groupe figure au sein des populations clés qui sont considérés comme prioritaires par l'ONUSIDA dans la lutte contre la pandémie.

Face à un taux de prévalence alarmant, La Mama essaie d'apporter sa contribution dans la lutte contre le VIH en sensibilisant ses pairs face aux risques qu'ils en courent. Il reconnait être devenu activiste suite à la discrimination qu'il a eu à subir dans sa vie. A 38 ans, il s'assume entièrement en tant que transsexuel malgré l'hostilité qu'il est obligé d'affronter tous les jours. La vie n'est pas facile pour nous dans cette société, a t-il souligné. Malgré cette forte discrimination, les transsexuels arrivent quand même à vivre leur existence. Pour preuve, ils expriment librement leur identité du genre car ils se sentent femme depuis leur plus jeune âge. Certains, comme Gabriela, qui vit à Ngaliema a avoué vouloir changer carrément de sexe. Il nous a déclaré qu'il ne s'identifiait pas comme un homme et un changement de sexe pourrait le rendre définitivement femme. Toutefois, il faut noter qu'avant toute opération, il y a un traitement aux hormones qui s'impose ainsi qu'un suivi psychiatrique. Pour l'instant, en RDC, on en est pas encore à tous ces stades et les transsexuels qui souhaitent changer de sexe devront encore patienter des années. Pour sa part, La Mama n'envisage pas de  modifier  son aspect physique car ayant compris qu'il était déjà une femme au fond de lui même.

JW