lundi 22 septembre 2014

Un meurtre au sein de la communauté gay de Kinshasa

 Yves Melick, un des membres influents de la communauté gay de Kinshasa, a été conduit en sa dernière demeure le dimanche 21 septembre 2014 au Nécropole dans la commune de Nsele. Il reposera désormais dans ce cimetière alors que son meurtrier, le dénommé Braddy Tosta passera le reste de ses jours en prison.

En effet,  monsieur Tosta, âgé de 37ans, a été condamné à la réclusion perpétuelle le 18 septembre dernier par le Tribunal de Grande Instance de la Gombe. Il a été reconnu coupable du meurtre d'Yves Melick, un métis belgo-congolais de 51 ans qu'il a tué de sang-froid dans la soirée du 5 septembre après un malentendu.

Braddy Tosta, le meurtrier d'Yves Melick
Selon l'accusé reconnu coupable d'homicide volontaire, monsieur Melick qui était devenu son partenaire occasionnel lui avait promis la somme de 5000 $ pour l'achat d'un véhicule. Cependant, la victime n'avait pas tenu sa promesse et Braddy Tosta n'ayant pas trouvé son compte dans cette relation a ôté la vie à Yves Melick en l'agressant violemment. Il a précisé que lui et le défunt avaient commencé leur relation par des échanges téléphoniques. Par la suite, ils se sont rencontrés physiquement et ont eu des rapports se limitant au départ à des fellations moyennant la somme de 500$.  Marié et père de trois enfants, Braddy, chômeur de son état, ne se reconnait pas comme homosexuel mais plutôt comme un opportuniste qui cherchait à se faire un peu d'argent suite à la conjoncture chaotique du pays. D’après lui, l'argent gagné auprès d'Yves Melick lui a permis de payer la scolarité de ses enfants. Malheureusement, leur rencontre du 5 septembre a été la dernière et s'est terminée par un drame qui attristera longtemps la communauté LGBTI de la capitale congolaise.

Pour rappel, Yves Melick fut un des rares homosexuels d'origine congolaise à assumer ouvertement son orientation sexuelle. Avant-gardiste, il avait toujours mené sa vie en toute liberté malgré les hostilités qu'affichent la société à l'égard des personnes issues des minorités sexuelles. De nationalité belge, il résidait en RDC, le pays de sa mère qui était originaire du Kasai. Yves restera un modèle pour beaucoup d'homosexuels congolais car malgré sa sexualité, il était un entrepreneur reconnu et dirigeait avec succès Le Trompe œil, sa boutique d'art et de décoration.

JW


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